
Face à la multiplication des dommages causés par les sangliers dans le département de l'Oise, la Fédération des chasseurs locale tire la sonnette d'alarme. Lors de son assemblée générale tenue le 11 avril, son président a mis en lumière un mécanisme d'indemnisation jugé obsolète et une situation financière difficilement soutenable. Malgré une augmentation des prélèvements, la facture globale des dégâts continue de croître.
Le poids financier des dégâts de sangliers
Le 11 avril, le président de la Fédération des chasseurs de l'Oise, Guy Harlé d’Ophove, a exprimé sa préoccupation face à une situation devenue intenable sur le plan financier. Il a souligné le caractère dépassé de la procédure d'indemnisation des dégâts de sangliers, un dispositif encadré par le Code de l'environnement qui atteint ses limites face à l'évolution des populations dans de nombreux départements. Dans l'Oise, les dégâts et les indemnisations affichent des records, sans que cela ne soit directement corrélé aux efforts de régulation. Malgré une augmentation constante des prélèvements, la tendance des dégâts ne s'inverse pas.
« Il est urgent de revoir le système d’indemnisation qui repose sur les seules épaules des chasseurs et de leurs fédérations départementales. Aujourd’hui, dans l’Oise une situation absurde s’installe. Les dégâts de grand gibier explosent et les indemnisations suivent et ce sont les chasseurs qui paient. Ce système est devenu injuste, il doit évoluer. » – Guy Harlé d’Ophove, président de la FDC de l’Oise
Une facture record fragilisant chasse et agriculture
Dans le département de l'Oise, le coût financier des indemnisations a atteint des sommets : 1,46 million d'euros en 2023, 1,94 million d'euros en 2024 et 1,78 million d'euros prévus pour 2025. Parallèlement, la pression de chasse s'est intensifiée avec 16 000 sangliers prélevés durant la saison en cours, contre 11 854 lors de la saison 2024-2025. Cependant, ces efforts n'ont pas permis de réduire significativement la facture globale. À ces montants s'ajoutent les coûts liés aux mesures de protection, aux expertises et au traitement administratif des quelque 1 400 dossiers annuels, ce qui augmente le coût final d'environ 30 %. Le président de la Fédération des chasseurs de l'Oise estime que le dispositif mis en place en 1968 n'est plus en phase avec les réalités actuelles. Il souligne que la hausse continue des dégâts de sangliers, ainsi que celle des indemnisations, fragilise les Fédérations et, par extension, l'ensemble du secteur agricole.
Un système sous tension
Guy Harlé d’Ophove met également en avant un autre facteur aggravant : les zones où la chasse est interdite. L'urbanisation croissante, le développement des infrastructures routières et ferroviaires, le Canal Seine-Nord et les zones TGV représentent près de 35 % du territoire de l'Oise. Dans ces zones, les sangliers continuent de causer des dommages sans qu'une action de régulation efficace ne soit possible. Le système d'indemnisation, qui repose exclusivement sur les chasseurs, ne peut donc pas couvrir ces situations. La Fédération demande que ces 35 % du territoire, où la chasse est impossible mais où les dégâts persistent, soient pris en charge financièrement par l'État. Elle estime également que les exploitants agricoles qui refusent la mise en place de plans de régulation ne devraient pas pouvoir prétendre à une indemnisation.
Vers une régulation renforcée dans les zones sensibles ?
La Fédération propose par ailleurs de renforcer le dispositif existant. Elle souhaite rendre obligatoire pour toute exploitation située dans une zone identifiée comme problématique par un arrêté préfectoral, la mise en place d'un plan de chasse. Ce plan devrait inclure, au minimum, l'attribution d'un bracelet de chasse afin que le territoire concerné puisse être géré. Fort de ce constat, Guy Harlé d’Ophove a interpellé les parlementaires de tous bords politiques, appelant à l'ouverture de discussions pour faire évoluer ce système arrivé à ses limites. Cette situation souligne l'importance de trouver un équilibre entre les populations de gibier et les activités agricoles, comme le montrent des initiatives telles que l'expérimentation pour un équilibre forêt-gibier.
Source : chasseurdefrance.com