
La Fédération départementale des chasseurs de la Gironde a réuni ses membres pour son assemblée générale le samedi 11 avril. Les discussions ont porté sur plusieurs sujets cruciaux pour la pratique de la chasse dans le département, notamment la chasse à la palombe, la problématique des sangliers, les dégâts occasionnés, la sécurité des pratiquants et la diminution des effectifs de chasseurs.
Une Assemblée Générale Marquée par une Forte Participation
Cette année, l'assemblée générale a connu une participation notable, rassemblant 350 participants issus de 200 Associations Communales de Chasse Agréées (ACCA) et sociétés de chasse. C'était la première fois que Thibault Varenne présidait cette assemblée, après une décennie d'engagement au sein du conseil d'administration. Il prend la suite d'Henri Sabarot, figure marquante du monde de la chasse qui a dirigé la Fédération pendant 28 ans. Cette rencontre s'est déroulée dans un contexte difficile, marqué par les intempéries des tempêtes Nills et Pédro, ainsi que par des pluies abondantes qui ont affecté de nombreux territoires. Les infrastructures de chasse à la palombe, telles que les palombières, ont subi des dommages importants, incluant des arbres abattus, des cabanes endommagées et des installations inondées. La Fédération a exprimé son soutien aux chasseurs touchés et a pris la mesure de l'ampleur des travaux de réparation à venir.
La Chasse à la Palombe, un Pilier Culturel et Identitaire
La chasse à la palombe demeure un sujet central des discussions en Gironde. La Fédération s'engage activement pour défendre cette pratique traditionnelle au filet, la considérant comme bien plus qu'un simple cadre réglementaire. Elle représente une identité forte et un lien profond avec le territoire. Les chasseurs de palombes (paloumayres) jouent un rôle actif dans la gestion de leur environnement et font face à des oppositions récurrentes. Face à ces défis, la Fédération départementale s'unit à la Fédération nationale des chasseurs ainsi qu'aux fédérations des départements voisins : Landes, Pyrénées-Atlantiques, Lot-et-Garonne et Gers. L'objectif est de garantir une pratique encadrée, mesurée et pleinement légitime.
Thibault Varenne, président de la FDC de la Gironde, a déclaré : « La palombière, ce n’est pas seulement un mode de chasse. C’est un lieu de vie. Un lieu où l’on apprend, où l’on transmet, où l’on partage. C’est là que se construisent les souvenirs, que les générations se rencontrent, que les savoir-faire passent des anciens aux plus jeunes quel que soit l’origine sociale. C’est une culture à part entière, enracinée dans notre territoire, dans notre histoire, dans notre manière d’être au monde. »
Gestion du Sanglier et Évolution des Effectifs de Chasseurs
La Fédération de la Gironde constate une diminution progressive du nombre de chasseurs, avec près de 15 000 pratiquants de moins sur les 12 dernières années. Parallèlement, un phénomène positif se dessine : plus de 1 000 nouveaux chasseurs obtiennent leur permis chaque année, témoignant d'un intérêt renouvelé pour cette activité. La gestion du sanglier représente un enjeu majeur, avec une multiplication par trois des prélèvements en 15 ans. Pour la saison 2025-2026, le tableau de chasse des sangliers a dépassé les 20 000 animaux, contre 19 800 en 2024-2025 et 19 635 en 2023-2024. La Fédération intensifie ses actions sur le terrain, incluant l'agrainage et les interventions dans les cultures pour limiter les dégâts de sangliers. Le nombre de sangliers abattus dans d'autres départements comme l'Ardèche atteint également des records, avec plus de 28 000 individus lors d'une saison.
Concernant les dégâts, nous devons être lucides. Ce poste reste une véritable épée de Damoclès pour les finances de notre Fédération. Et cela, malgré une enveloppe globalement maîtrisée, alors même que les populations de sangliers ont fortement augmenté, avec des prélèvements multipliés par trois en 15 ans.
Priorité à la Sécurité et au Renouvellement des Pratiquants
La sécurité demeure une préoccupation constante pour la Fédération, qui renforce ses programmes de formation et de sensibilisation. Des initiatives sont développées pour le public scolaire et le grand public, via des sessions d'échange. Ces efforts s'inscrivent dans une démarche plus large de renouvellement des chasseurs en France, visant à attirer et former de nouvelles générations tout en assurant la transmission des savoir-faire et le respect des règles. La question de la sécurité dans la pratique de la chasse, incluant le contrôle des armes, fait l'objet d'attentions constantes, comme le montrent les discussions au Sénat lors du débat sur la chasse au Sénat. Par ailleurs, une filière dédiée à la venaison est en cours de développement.
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